HISTOIRE:le 12 août 1946, il y a 71 ans, la SÉCURITÉ SOCIALE était créée !

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Le 12 août 1946, Ambroise Croizat proclame la naissance de la Sécurité Sociale

Le 12 août 1946, il y a exactement 71 ans, (en moins de 6 mois dans un pays ruiné) la Sécurité Sociale était mise en place . tout allait changer dans le sens de la dignité pour des millions de francais…

Merci le Conseil National de la Résistance !

Bâtie sous la maitrise d’oeuvre Ambroise Croizat, elle visait « à en finir » comme le soulignait le ministre du travail « avec le rejet, l’exclusion, l’impossibilité d’accéder aux soins et surtout, disait-il en des termes très novateurs, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain ».Un peu partout, elle s’organisa à l’aide de bénévoles des entreprises essentiellement des militants CGT hors leur temps de travail ou sur leurs congés. Deux tiers des français n’étaient alors couverts par aucune assurance sociale. La plupart, vivaient à l’heure de la charité ou de quelques petites mutuelles dont les caisses étaient épuisées à la moindre épidémie de grippe. La sécurité sociale donna à tous les salariés la possibilité d’accéder à l’hôpital, au médecin ou à la pharmacie sans débourser un centime dans la plupart des cas. «C’était une véritable révolution, raconte un ouvrier. Avant, on ne se soignait pas. On laissait la maladie nous affaiblir ou nous emporter ! ». « Je me souviens, surenchérit un paysan, qu’avant la fameuse « Sécu », l’intervention chirurgicale était une terreur. On n’y pensait même pas. Pour les familles, il fallait parfois vendre deux vaches, la moitié de son cheptel pour se faire opérer. »
Autre grande conquête toujours proclamée sous les auspices d’Ambroise Croizat le 12 août : la retraite. 82 % des français ne bénéficiaient d’aucune allocation vieillesse. « Il fallait alors travailler jusqu’à 70 ans ou plus, glisse un ancien, pour espérer une petite obole donnée par les municipalités. Alors, on se tuait au travail jusqu’au bout! Mon père d’ailleurs y est mort, à l’usine !» Tout change avec l’institution de ce qui fut appelée « celle qui vous doublait la vie ». On comprend le sens de cette appellation quand on se souvient que la vieillesse fut dès lors envisagée non plus comme une « antichambre de la mort » mais au contraire, dira encore Ambroise Croizat, « comme une nouvelle étape de la vie ».
Parmi les grandes conquêtes du CNR fut aussi proclamée par la loi Croizat, la généralisation des comités d’entreprises qui offrirent aux enfants d’ouvriers le droit à la lecture, aux vacances et aux bourses scolaires qui permirent à beaucoup d’envisager des carrières impensables pour des familles des cités. On vit naître également, peu de gens le savent, le CNRS, outil de recherche de premier plan qui, avec les nationalisations des banques, des mines et de l’énergie, ainsi que la mise en place de la fonction publique et de la médecine du travail furent les pierres angulaires de ce renouveau social aujourd’hui menacé.

Michel Etiévent

 

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