PENICAUD DANONE et la désinformation

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PENICAUD 1.256 euros par tête licenciée

 

Je vois que le réseau twitter est devenu l’antre de la désinformation, atteignant des summums encore jamais égalés. La limite à 140 caractères n’y est pas étrangère, cela restreint considérablement les échanges, ne reste alors plus que des slogans proprement nuisibles au développement d’une réflexion. Les gens doivent savoir qu’est ce qu’une stock options, quel est le rôle du directeur des relations humaines (DRH) et qu’est ce qu’un délit d’initiés, alors voici la piqûre de rappel.

 

Une définition simple des stocks options :

« Une stock-option est un droit attribué à un salarié de pouvoir acheter des actions de son entreprise à un prix fixé à l’avance (prix d’exercice), avec une décote par rapport au cours de Bourse du moment de l’attribution et dans un délai déterminé. Si le salarié décide de lever son option, il achète les actions au prix d’exercice et réalise une plus-value lorsqu’il les revend. Il n’y a pas de risque de perte car si le cours de l’action est plus bas que le prix d’exercice, le salarié n’exerce pas son option ».

 

Aucun investissement n’a été fait par PENICAUD, il s’agit d’une simple écriture pour imager jusqu’au moment où le salarié décide de lever son option d’achat s’il le désire. Cela se transforme alors en monnaie sonnante et trébuchante.

 

Ensuite les propagandistes dopés à la macronite ont diffusé et partagé en masse un graphique illustrant le cours de l’action DANONE jusqu’au 1er janvier 2013, ils ne savent même pas se servir d’internet de manière correcte. Rendu sur le site DANONE à la rubrique correspondant à l’historique du cours de l’action DANONE http://www.danone.com/pour-vous/investisseurs/laction-danone/historique-du-cours/ il nous est alors possible de choisir la période référence, celle qui nous intéresse étant légitimement antérieure et postérieure à la transaction de Muriel PENICAUD. Elle a acquis réellement ses actions le 30 avril 2013, à la côte de l’année 2009, et revendu le même jour. Elle a ainsi dégagé un bénéfice de 1,13 millions d’euros. «  À court terme, des destructions d’emplois peuvent remonter le cours de l’action et vont donc bénéficier au capital, contre la production et la valeur ajoutée  », confirme l’économiste spécialiste des entreprises qui siège au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Frédéric BOCCARA, membre des Économistes atterrés et de la direction du PCF.

 

Une définition du délit d’initié :

« Délit qui consiste à utiliser ou à transmettre des informations non connues du public qui si elles l’étaient, auraient un impact positif ou négatif sur la valeur de titres cotés en bourse. Par exemple, acheter un titre peu avant le lancement d’une OPA pour le revendre quelques temps après avec une plus-values importante. Il est punit pénalement par des amendes et des peines de prison ».

 

A ce sujet la député communiste Eliane ASSENSI avait interpellé PENICAUD au Sénat : « Cette énorme plus-value est grave sur le plan éthique et peut-être même sur le plan juridique car à vos fonctions de DRH vous avez réalisé ce plan social et en avez récolté les fruits pour votre profit personnel ». Pourquoi l’honnête ministre du Travail ne dépose t-elle pas une plainte pour diffamation ? Sans doute car les propos tenus par ces divers intervenants sont plus que cohérents.

 

Muriel PENICAUD, de par sa position de Directrice générale des ressources humaines, avait la primauté de l’information relative aux plans de licenciement chez DANONE car c’est l’une des attributions d’un DRH. Elle était aussi membre du comité exécutif qui, placé sous l’autorité du Directeur Général de DANONE, se réunit une fois par mois. Ce comité exécutif assure la direction opérationnelle de la Société, met en œuvre la stratégie définie par le Conseil d’Administration, s’assure de la cohérence des actions engagées par les Pôles d’activités et l’ensemble des filiales, décide des plans d’actions et approuve les budgets. Cette position singulière lui a permis de savoir que deux mois auparavant DANONE avait prévu la « suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ».

 

Voici la défense de Muriel PENICAUD : « En revanche soyons clairs, l’attribution du plan de stock-options évoqué dans la presse est bien antérieure à l’annonce du plan de départs volontaires, et n’a aucun lien avec ce dernier. Je ne peux donc que regretter ces amalgames ». Elle s’était déjà défendue en ces termes jeudi au Sénat, après avoir été interpellée par la présidente du groupe communiste, Eliane ASSENSI. La ministre du Travail évoque « l’attribution du plan de stock-options » comme étant antérieur or ce qui nous intéresse c’est le moment de la revente de ces actions qui correspond à un plan de restructuration interne à l’entreprise. Notons que cette transaction a été réalisé juste avant l’expiration du délai de quatre ans imposé par DANONE vis-à-vis des stock-options. Le timing était parfaitement excellent en tout point de vue, avant échéance du délai, au moment d’un plan de restructuration qui a entraîné une hausse du cours de l’action.

 

« Ce n’est pas unique, toutes les restructurations visent à ça », déplore Jocelyne HACQUEMAND, secrétaire de la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, interrogée par Europe 1. Effectivement, rien d’extraordinaire, une restructuration entraîne une hausse du cours de l’action mais encore faut-il fournir les bonnes informations aux citoyens français. Or, l’intéressée manipule les faits et le gouvernement aussi.

 

Dans l’affaire BUSINESS FRANCE, l’enquête préliminaire a été ouverte au mois de mars 2017, MACRON n’a pas été inquiété et PENICAUD non plus, seulement BUSINESS FRANCE et HAVAS. Autrement dit des personnes morales, des entités possédant une intelligence artificielle très certainement, agissant seules, sans personne physique. Voilà le genre de raisonnement fascinant et fallacieux que les représentants du parti En Marche ! nous offre ainsi que leurs dévoués scribouillards, les journalistes.

 

 

Sources :

 

Le Monde : « Danone va supprimer 236 postes de cadres en France », Laurence GIRARD, 19 février 2013.

DANONE : http://www.danone.com/pour-vous/investisseurs/laction-danone/historique-du-cours/

Europe 1 : « Muriel Pénicaud regrette les « amalgames » concernant une plus-value d’un million d’euros réalisée chez Danone », Bertrand GUAY/AFP, 27 juillet 2017.

Libération : « La juteuse plus-value boursière de Muriel Pénicaud chez Danone », Ismaël HALISSAT, 27 juillet 2017.

L’Humanité : « Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois », Sebastien CREPEL, 27 juillet 2017.

Le Monde : « Muriel Pénicaud interpellée au Sénat sur une plus-value boursière réalisée chez Danone », 27 juillet 2017.

Site internet la toupie de Pierre TOUREV pour la définition de stock-options.

 

FD FreeDemocracy

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