J’ai lu « Bons Baisers d’Hollywood », de CARRIE FISHER… par Superhuman

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La star de l’analyse

Actrice gâtée et superstar pas du tout en toc, Carrie Fisher a écrit quelques livres où elle contait sa vie avec une certaine franchise, chose rare pour une vedette de son rang… Rare et désormais interdit pour ceux qui savent comment tourne le grand cirque du stardom mondial et ses intervenants, d’autant plus que ce ne sont pas toujours ceux que l’on croient qui blacklistent les autres ! Et de même entre les pages de POSTCARDS FROM THE EDGE.

Pour ceux qui ont découvert Carrie Fisher dans Star Wars dans les années 80, rares sont donc ces spectateurs qui auraient deviné que l’actrice leur livrerait un beau matin en un simple bouquin non seulement les principaux secrets du cinéma à succès mais avec aussi les siens intimes, à peine masqués sous le prétexte de divers personnages et d’intrigues mêlées. De fait, Fisher parle dans POSTCARDS FROM THE EDGE d’un système qui peut broyer des âmes mais aussi de ces petites mains qui semblent n’avoir pas de remords malgré qu’elles évoluent dans un monde certes magique mais noyé dans la Coke : dans le livre la princesse Leia s’attache à décrire le strass avec également les problèmes intérieurs des personnages. Et puis vu qu’il y est question dedans autant des rois qui usent et abusent de leur droit de cuissage que de simples internés lambda qui découvrent à leur côtés une star mondiale (entourée d’infirmières au masque taiseux et silencieux tel celui de Dark Vador), ce petit ouvrage écrit par Fisher prend vite de la valeur à sa lecture. Peut-on imaginer de toute façon la même chose de nos jours de la part d’une Rihanna, ou d’une Emma Watson ? (*La réponse est non.)

Ainsi, POSTCARDS FROM THE EDGE (ridiculement encore une fois mal-traduit en français par « Bons Baisers Hollywood ») nous confie tout son long les démêlés d’une actrice avec la drogue et l’alcool qui finiront souvent en séjour en clinique psychiatrique avec aussi la nature de ses relations amoureuses et sociales ; le tout agrémenté d’un certain cynisme digne d’une parfaite célibataire… sans oublier ses diverses affairse en cours. Il est également plaisant de découvrir ce bouquin plaisant à lire un peu rédigé à la manière d’un scénario et surtout pas en un pensum thérapeutique dans laquelle une énième personnalité médiatique nous jette à la figure son pathos dans quelque ridicule talk-show vu à la TV, agrémenté d’insultes négatives de bipolaire au stade terminal bien que sous Prozac .

Bien sûr, quelques passages dans le livre sont un peu trop redondants et Fisher confond parfois ironie avec mièvrerie mais POSTCARDS FROM THE EDGE a le mérite de détenir une vraie fraîcheur entre ses lignes !

De plus, l’auteure décrit ici Hollywood avec une certaine force (ce qui fait d’ailleurs paraître à côté bien ridicule ces membres du show-business franchouillard voire communautaire) dont l’enfer des castings et les auditions réalisés par des incapables professionnels juste payés pour humilier les acteurs. Ce qui réalise un bonus pas négligeable à découvrir et que, je vous l’affirme, vous ne verrez que rarement ailleurs, donc.

Et puis la personnalité de Fisher, sorte de néo-hippie californienne typique, fait merveille tout le long des chapitres même si le récit finit un peu abruptement sinon teinté de ragots assez anodins : il est malgré tout plaisant d’avoir à portée quelqu’un qui sait de quoi elle parle et qui n’est pas figée dans une posture martyre malgré ses gestes de petite-fille privilégiée féministe avant l’heure.

Sans aucun doute, ses récits affleurent donc la pure vérité et également, la plume de cette princesse galactique via cette Suzanne Vale a le bon goût de préférer l’imagination à la réalité.

D’autant plus aujourd’hui où l’on sait comment a fini l’actrice et malgré ses piteuses défaites face à l’addiction.

source

Superhuman

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