I like ! par ZEN

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Liker ou ne pas liker ?
That is the question…
Sur Facebook ou maintenant ; de plus en plus souvent ,sur certains journaux en ligne, on est invité à liker.
Parfois presque sommé de le faire.
   A la suite d’une opinion, d’une appréciation, d’un article, d’une image, d’une vidéo…
Il n’y a pas d’alternative, comme pour l’empereur romain détenant l’ultime décision dans l’arène : pouce levé ou baissé. Pas de milieu. On ne peut pas liker ++ ou —. C’est ça ou c’est pas ça.
De plus en plus nous sommes donc invités à liker et de plus en plus vite. 
Aimer la tarte à la framboise ou non, apprécier telle voiture ou non, telle vedette ou non, être en accord avec tel homme politique ou non… Il faut savoir.
Facebook vous y invite en permanence, c’est le principe du club.
Même à la Maison Blanche, on fait de la diplomatie twittienne. Un peu brouillonne, mais enfin…On n’arrête pas le progrès.
Je like, donc je suis.
Je peux être invité à entrer dans le monde autrefois secret des grands et des moins grands et à donner mon avis sur sa toilette, ses goûts, ses idées, ses choix. En likant, je peux contribuer à faire baisser la cote de popularité d’un élu et compromettre sa réélection, ou le contraire. C’est pas magique ?
Le pouvoir du pouce peut même redorer le blason d’un idole en perdition, vedette ou pape.
C’est le nouveau pouvoir de la grande famille des likers, en temps réel. C’est trop top.
Une bonne idée pour les modalités de vote pour demain, pour les citoyens comme pour les élus à l’Assemblée. Fini les isoloirs et les échanges plus ou moins rudes sur les bancs des élus.
Foin du temps perdu, des débats interminables, des nuances superfétatoires, des arguties sans fin. Il faut trancher du pouce et du clavier. C’est oui ou c’est non. C’est ça ou c’est pas ça. Tu veux ou tu veux pas..♪♫♪
Rangeons-nous docilement à la logique simple du numérique, à la logique binaire qui en est le principe : le courant passe ou ne passe pas…
La logique modale, la discussion socratique-à-couper-les-cheveux-en-quatre, le pinaillage sur les queues de cerises, les débats incertains sur les choix moraux et politiques, les questions jamais tranchées, les improbabilités, les problèmes toujours en suspens, c’est fini. Le conditionnel est à bannir. J’aime Macron, comme j’aime Madona. Je n’ aime pas le bruit mais aussi Mélenchon. C’est rassurant.
C’est clair, c’est rapide, c’est efficace
Autrefois, on ne likait pas à la vitesse de l’éclair, on réfléchissait. Que de temps perdu !
C’est aussi narcissiquement jouissif. Un nouveau pouvoir nous est né au sein de la tribu des millions d’amis. La convergence des « like » est la force nouvelle de décisions de demain ; sur l’immigration, la peine de mort, l’euthanasie, la politique sociale, que sais-je encore… Plus aucun sujet ne doit échapper à la logique du pouce.
 I like Europe, c’est tendance. Oui mais quelle Europe ? la question n’est pas là…
Les esprits chagrins diront que le symbole peut vite devenir un traceur, un pixel espion, un hameçon pour les marchands toujours en maraude sur le net, mais on peut répondre qu’il peut aussi être fédérateur pour de bonnes causes, point de ralliement des hommes de bonne volonté. Par exemple, En Amérique latine, l’organisation non gouvernementale TECHO a utilisé un dérivé du bouton « J’aime » de Facebook dans leurs campagnes, comme symbole de l’insatisfaction envers la pauvreté et le logement déplorable dans les bidonvilles, selon Wiki.
Des million d’amis, ça compte ! Et aujourd’hui les meilleurs twittent en likant !
Alors, likons en coeur, mes bien chers frères en numérique.
Demain sera forcément meilleur. C’est nos grands frères de la Silicon Valley qui nous le promettent.   Alors…
[Tout en bas, likez si vous voulez. C’est vous qui voyez…]

 

source

ZEN

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