L’hypocrisie et l’amnésie collectives autour des APL par Amaury Grandgil

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Mon objectif dans ce texte est de défendre le principe des aides sociales aux plus précaires, mais de le faire lucidement. Car ce principe a été dévoyé depuis de très nombreuses années. Et le but est que ces prestations aillent aux plus pauvres et non à ceux qui n’ont aucun besoin…

Le gouvernement diminue de cinq euros les aides personnalisées au logement (voir à ce lien). Cinq euros pour des précaires, cela peut être beaucoup, c’est parfois la limite avec le découvert autorisé et le début des ennuis bancaires. Les moins fortunés sont encore touchés, ceux dont les parents n’ont pas de biens ou de réseau. Ceux qui sont honnêtes aussi, ou ces étudiants ayant besoin de travailler pour payer leurs études, ce qui signifie pour beaucoup l’abandon de celles-ci à plus ou moins long terme généralement, à quelques exceptions notables.

Il est plus simple de dminuer les APL que de tenter de cadrer les loyers des appartements ou des maisons, de réglementer le tout. Certains propriétaires osent louer des placards et les qualifier de « studios » sans aucune vergogne alors qu’ils n’y mettraient pas leur chien. Ils louent ces réduits à des prix d’une amoralité rarement atteinte dans l’histoire et que ce soit en province ou en région parisienne.

Les privilégiés, les anciens comme les nouveaux, n’en ont cure, ça les agace, qu’est-ce que cinq euros pour eux ? (voir la réaction d’une députée LREM à ce lien). Les étudiants ne seraient qu’une corporation de paresseux « mal partis » dans la vie ? En plus à quoi ça sert franchement d’étudier les Lettres ou l’Histoire alors que tous pourraient contribuer à la dynamique du système en intégrant des écoles de commerce ou en créant leurs « start up »…

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Tout le monde s’étonne de cette décision mais qui les français ont-ils élu en mai sinon un ultra-libéral dont on pouvait s’attendre qu’il aille directement dans cette voie ? C’est la première hypocrisie des citoyens, fussent-ils éditorialistes politiques distingués, sur la question. Pensaient-ils que Macron allait trier entre le bon grain et l’ivraie parmi ses électeurs et n’appliquer sa politique que pour ceux n’ayant pas voté pour lui ? Parions que bientôt ceux-ci auront très vite oublié quel bulletin ils ont mis dans l’urne…

L’autre hypocrisie majeure est toute aussi simple à définir. Pendant des années, des décennies, l’APL, allocation très politique, a été distribuée à tour de bras, généralement un peu plus avant de grandes échéances électorales. Elle l’était sur la base de déclarations de ressources pour la plupart frauduleuses. Les parents encourageaient leur progéniture à mentir sur ses revenus réels, sur sa situation de couple. Comme rien n’était vraiment vérifié, même par informatique alors que cela eût pris un click, des enfants déjà favorisés bénéficiaient de cette aide à laquelle ils n’avaient strictement aucun droit.

C’est un sport très français, mentir à l’Etat. Tout le monde l’a fait d’ailleurs au moins une fois persuadé que c’était pour une raison vénielle, tout le monde a eu envie de le faire encore plus souvent. Sachant très bien que c’est mal, mais puisque les autres le faisaient et le font toujours pourquoi se gêner ? Et puis ainsi que pour les incivilités au volant le mauvais citoyen c’est toujours l’autre français.

Et puis « puisque les étrangers la touchent et ont aussi des combines pourquoi pas nos enfants » ? Ici c’est le point encore tabou. Interdit d’en parler à haute voix. C’est pourtant le point le plus hypocrite. Beaucoup de personnes « issues de la diversité », selon le vocable faux-cul, ont également des combines afin de récolter le maximum d’argent qu’ils peuvent percevoir de la République. Ils camouflent leur situation familiale, leurs revenus (travaillant pour certains au « black ou pratiquant d’autres business lucratifs mais dangereux)A tel point, après de nombreux abus, que la plupart des dossiers des Caisses d’Allocations Familiales sont dans les quartiers sensibles tous anonymés.

Mais ça aussi il ne faut pas le dire. (Zut je l’ai dit quand même)

 

source

Amaury Grandgil

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration, manif étudiante, empruntée sur le site de l’express

illustration représentant concrètement ce que paye cinq euros, Pierrick Audren

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