« Le réchauffement climatique et le terrorisme sont liés ». Ou la pensée complexe de Jupiter

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Le président Macron nous a fait un G20 qu’on pourra sans doute qualifier de médiocre par rapport à ses précédentes sorties, ceci mesuré évidemment à l’aune des médias qui malgré qu’il n’ait rien obtenu les précédentes fois nous l’avaient décrit comme le maitre des lieux, la nouvelle référence internationale, celui que tous attendaient depuis si longtemps. Cette fois rien ou pas grand-chose, même s’il aura tenté de faire son intéressant en retardant la photo officielle, trop occupé à distribuer bises et poignées de mains, et en nous faisant un discours assez surprenant où nous avons découvert que le terrorisme était la conséquence du réchauffement climatique. C’est de ce dernier point dont j’aimerais m’entretenir.

Notre président a parfois le verbe douteux. C’est peut-être normal pour un jeune de 40 ans et espérons qu’avec les années la sagesse viendra en même temps qu’il évitera certaines phrases malheureuses. On se rappelle des illettrées de Gad, du costard dont l’acquisition est subordonnée au travail (espèce de fainéasse, aurait-il pu rajouter), des tabagiques alcoolos des Hauts-de-France (hips !) qui votent mal à cause de leur cerveau ravagé, et, dernière en date, la classification des individus entre ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien, les proportions n’ayant par contre pas été précisées.

En fait non, ce n’était pas la dernière. La dernière, à moins que depuis…, c’est ce rapprochement fait entre le réchauffement climatique et le terrorisme. Voilà ce qu’il a déclaré en tribune : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique, ou alors il faut aller expliquer aux gens qui vivent au Tchad, au Niger et ailleurs que le climat n’est pas un problème. Aujourd’hui, le terrorisme, les grands déséquilibres de notre monde, ce que nous sommes en train de vivre, est lié aux déséquilibres climatiques que notre mode productif international a générés. Et donc nous devons y répondre parce que tout et lié. Et donc si on veut traiter des questions de l’Afrique, du développement et du climat de manière séparée, très bien, mais je pense que ça n’a aucun sens. Comme cet agenda est lié, notre responsabilité, c’est de tenir de manière cohérente l’ensemble de ces engagements. » Je vous ai reproduit le propos in extenso. J’ai tenté moi-même en effet après la lecture des premiers termes de la première phrase à comprendre le raisonnement macronien, non seulement liant terrorisme et climat, mais faisant du premier une conséquence du second. J’ai donc écouté et même réécouté, et je dois avouer que je ne suis pas parvenu à trouver les clés pour déchiffrer la pensée complexe de notre président, dont je comprends désormais qu’il ne veuille pas perdre de temps à s’exprimer le jour de la fête nationale à l’intention de pleupleus de mon genre.

 

Mais je ne renonce pas, et donc je travaille à comprendre. Et comme ça d’emblée, connaissant un peu l’Afrique et notamment la région citée par le président, je me demande pourquoi il n’a pas ajouté la lutte contre le paludisme à celle contre le réchauffement climatique. Parce que quand même, « allez expliquer aux gens qui vivent au Tchad, au Niger ou ailleurs, que le palu c’est pas un problème ». Est-ce que la relation de cause à effet que j’exprime, d’une façon similaire à celle Macron, est moins recevable ? J’ai un peu l’impression que l’une et l’autre sont fausses. Le Tchad d’ailleurs n’apparait pas comme un pourvoyeur de terroristes. On a moins vu de Tchadiens se faire péter ces dernières années que de Français et de Belges. Les Tchadiens sont d’ailleurs davantage connus pour leur action contre le terrorisme que pour sa promotion. Mais passons ! C’est sans doute la pensée complexe du président que je n’ai pas encore saisie et qui me fait douter de la logique de ses propos.

 

Mais admettons que le président dise vrai. Alors ce que j’ose espérer c’est que, même si c’est une mesure insuffisante, reconnaissons-le, quand sera explosé le plan de lutte contre le terrorisme, on prendra en compte un nouveau dispositif se substituant à la fermeture des mosquées salafistes ou autres : plutôt que la fermeture, la climatisation.

Mais sans doute m’égaré-je. Puisque l’islamisme n’apparait pas dans le discours présidentiel et que le réchauffement climatique est la cause du terrorisme, pourquoi parler encore de mosquées, et de tout ce qui va avec. Comme son illustre prédécesseur, notre Jupiter qui ne sort pas de sa propre cuisse, semble avoir du mal à qualifier certaines choses. Aussi le terrorisme apparait-il comme un objet singulier, relativement autonome, connaissant désormais une prospérité variable selon les conditions météorologiques. Cette autonomie en fait d’ailleurs un objet pouvant être combattu en tant que tel. C’est assez curieux me direz-vous, ou ceux, seulement ceux qui considèrent le terrorisme comme un moyen davantage qu’un but, et surtout qui distinguent ceux qui l’utilisent de lui-même. Combattre le terrorisme, à mes yeux, c’est un peu combattre le déboulé de char, l’opération aéroportée ou le bombardement par l’artillerie lourde, soit des moyens combinés ou pas utilisés dans le cadre d’une guerre. C’est lutter contre le gaz sarin tandis que c’est son utilisation qui est criminelle. Sauf que, en l’occurrence, quand c’est en Syrie, on ne se trompe pas sur le sens, même si on peut éventuellement se tromper de cible, volontairement ou pas. Dire qu’on lutte contre le terrorisme est donc une connerie sans nom, à moins que ce ne soit qu’une pudeur de gazelle, comme dirait l’autre, pour ne pas avoir à désigner et donc à combattre ceux qui s’en servent dans le cadre de leur guerre de conquête. Mais évidemment c’est plus confortable, sur le plan international puisqu’on a des marchés juteux avec les Etats qui financent la chose, sur le plan intérieur quand déjà une partie de la population a fait sécession et qu’il s’agit de préserver une difficile apparence de paix sociale en attendant que…

En rapportant la faute sur le climat, et donc sur nous-mêmes au passage puisque « le mode productif international », c’est nous et certainement pas les Tchadiens ou les Nigerians, on gomme en d’un seul coup les causes qu’on attribuait au terrorisme. Et que ceux qui ont cru entendre les terroristes tirant sur la foule ou se faisant péter en criant « Allah Akbar », aillent se faire illico déboucher les esgourdes. Parce que confondre « Allah Akbar », avec « Putain qu’est-ce que j’ai chaud » ça craint quand même un peu.

 

Donc si je résume, nous, occidentaux, sommes les salauds qui produisent de manière irresponsable et sommes de ce fait coupables d’un réchauffement climatique lui-même générateur de terroristes en herbe. Mis à part effectivement des modes de production parfois scandaleux, mais venant de la part d’un ancien de chez Rothschild ça fait quand même pas très crédible, le reste me parait plus que douteux. J’ai toujours un peu de mal avec cette part soi-disant prépondérante des activités humaines dans de dérèglement climatique surtout depuis que je me suis penché sur le fonctionnement du GIEC et notamment la part prise par certains de ses membres les plus éminents dans la marchandisation du carbone, autrement dit des droits à polluer. Certains ont bâti des fortunes là-dessus. Je pense notamment à Al Gore, celui qui tentait de nous tirer des larmes avec son film frelaté. Mais admettons que le réchauffement climatique d’origine humaine soit une réalité. Je ne parviens pas à faire encore le lien avec le terrorisme, sauf à admettre que le terrorisme est corrélé avec l’immigration. Ce que j’imagine Macron et ses groupies ne sont pas prêts à faire.

Ben moi, si ! Mais les changements climatiques n’ont rien à voir avec le phénomène. Car, mis à part les quelques-uns venant d’ailleurs, et pas à cause du climat, l’essentiel de « nos » terroristes viennent bien de chez nous, y sont même nés, y ont grandi, y ont été scolarisé,… Ils sont surtout les témoins de l’absence, et même de l’interdiction d’une politique d’assimilation, de l’échec d’une politique d’intégration qui considérant les choses par le petit bout de la lorgnette n’a envisagé les choses que sous l’angle économique, et des lubies de ceux qui estiment que chacun peut vivre selon ses coutumes ou celles de ses ancêtres. Ainsi beaucoup de nos ardentes féministes s’offusqueront que vous ne féminisiez pas le nom de leur profession, mais seront distraites sur la manière dont les femmes sont traitées dans certaines zones de notre territoire (qui est déjà le « leur ») ou refuseront de « faire le jeu du FN ». Greffez là-dessus un islam aussi simpliste que conquérant, et le mélange devient explosif.

Cela dit, Macron touche du doigt un certain risque pour un avenir assez proche, à condition toutefois d’admettre que le terrorisme et l’immigration sont liés et le resteront tant qu’on n’aura pas d’exigences avec les immigrés et qu’on ne les refoulera pas s’ils ne les respectent pas, et ce n’est pas le chemin qu’on prend, c’est d’ailleurs sans doute trop tard, quand, pour peut-être des raisons climatiques, mais surtout pour des raisons démographiques et donc de ressources, une déferlante va se diriger vers l’Europe, faisant passer ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui pour des incursions bénignes. Davantage que le risque représenté par le climat (et le palu), c’est de celui démographique dont devraient se soucier Macron et des pairs. Mais sans doute est-ce politiquement ou religieusement incorrect. Parler de changement climatique imputable à l’homme en laissant tomber la démographie, c’est juste un non-sens.

Macron peut donc bien déclarer que tout est lié, ce qui n’est pas faux à condition toutefois de bien définir les liens et les effets de causalité selon des critères croisés, prenant en compte la géographie (l’espace), l’histoire (les cultures), la religion (les croyances), la démographie, le temps (celui qui passe et pas celui qu’il fait), …, et les prospectives liées, et non pas de sélectionner ce qui plait ou d’éliminer ce qui ne plait pas. Or c’est bien ce que fait Macron en liant terrorisme, climat, modes de production, mais en éliminant démographie et surtout islam. Car c’est bien de terrorisme islamiste dont il s’agit, pas du concept. Et ne pas évoquer l’islam en parlant de terrorisme, même pour simplement reprendre l’antienne du pas d’amalgame, est quand même un peu fort.

 

Il est d’ailleurs étonnant que Macron l’homme cultivé et à la pensée complexe ne se soit pas penché sur la conquête islamique dans les zones qu’il cite, et qui sont des zones de friction qui avaient été « gelées », désolé pour cet adjectif pas très en phase avec la région, pendant la période coloniale (et post). Peut-être qu’une perspective historique mâtinée de culture religieuse lui aurait évité de tenter de nous vendre de cette manière la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’il semble être amené à se réfugier dans ce dernier réduit « make our planet great again » pour exister internationalement, un peu comme son prédécesseur qui nous a bassiné avec sa COP 21, en même temps que son ex et Fabius, tandis que cet accord est complètement bidon puisqu’assorti d’aucune sanction. Mais puisqu’il semble qu’il considère ces grand-messes comme un moyen de faire sa promotion, il est probable qu’on n’a pas fini d’en souper. Il nous a d’ailleurs déjà programmé un remake de la COP 21 dès décembre, peut-être organisé par Havas.

 

 

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