Les ordonnances du docteur Macron

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Le président s’apprête à présider en contournant savamment le parlement qui de toute façon est très majoritairement acquis à sa cause. Il n’y a qu’à, pour s’en convaincre, voir avec quelle imperturbable unanimité Richard Ferrand a été élu chef de groupe à l’assemblée alors que celui-ci est empêtré dans les affaires douteuses. Mais de quoi parle-t-on ? De la touche finale d’un travail de sape du code du travail et de la sécurité sociale qui a commencé en 2008 avec les lois sur la modernisation du marché du travail et ponctué pour l’instant par la loi El Khomri en 2016 mais qui fût réfléchi en amont, d’abord par des think-tanks et notamment Américain tel que le Council Foreign Relation. Ensuite le président Sarkozy qui a déclaré : « nous allons fonder un nouvel ordre mondial et personne ne pourra s’y opposer », s’est appuyé sur le rapport de la commission Attali (dont Emmanuel Macron était le rapporteur) qui préconisait avec force la libéralisation de tous les secteurs réglementés tel que voulu par les groupes de réflexions pro-libéralisme mondiale d’outre-Atlantique et recommandé bien évidemment par l’Union Européenne qui jouit depuis le traité de Lisbonne d’un pouvoir d’un genre nouveau : l’influence autoritaire qui pourrait se traduire par : « tu fais ce que tu veux mais si tu ne fais pas ce que je te dis, je vais t’en faire baver. »

 

Les instituts influencent dans l’ombre et ont quasiment renvoyé la maçonnerie au grenier comme le fameux institut Berggruen fondé en 2010, dont j’évoquais les liens avec Sylvie Goulard bien-avant le J.D.D.* mais sans savoir quel était le montant de ses appointements, et dont l’objectif avoué est la mise en œuvre d’une gouvernance et d’un système monétaire mondiale donnant tout pouvoir à la liberté d’entreprise, ses membres comptent parmi les personnes les plus riches et les plus influentes du monde. Nous pouvons également citer l’institut Montaigne fondé par Claude Bébéar fondateur du géant Axa et présidé par Henri de Castries, ancien P.D.G. d’Axa et accessoirement président du groupe Bilderberg. Cet institut entièrement privé et financé par une centaine d’entreprises a une influence considérable sur les orientations économiques du pays et préconise clairement la réduction des salaires et l’allongement du temps de travail. Personnellement j’appelle cela : la liberté d’exploitation du personnel  !

 

Dans la continuité des lois Macron et El Khomri (loi Macron 2) les ordonnances prévues pour cet été vont finir d’écraser le pouvoir politique en le privant de revenus considérables par la baisse drastique des charges sociales, sommairement compensé par la mise au régime des services publics et l’augmentation des impôts indirects tels que les taxations sur le tabac où l’augmentation des contraventions (à noté que la suppression de la taxe d’habitation n’est plus à l’ordre du jour) et en permettant aux entreprises de s’asseoir sur le code du travail pour rentabiliser toujours plus des travailleurs qui aux yeux du président et selon ses déclarations : ne sont pas grand-chose.

 

Sans rentrer dans des détails techniques noyés dans des termes volontairement lourds afin de dissuader le manant d’essayer d’en comprendre l’essence nous pouvons résumer les grands axes ainsi :

 

1) Donner plus de place à la négociation interne aux entreprises. L’objectif déclaré de permettre aux entreprises de moduler le temps de travail et autres modalités opérationnelles et financières afin de les rendre plus « compétitives », dans la réalité ce qui va se passer c’est que les entreprises auront quasiment les pleins pouvoirs en leur sein. La négociation en entreprise permettra de passer outre : le code du travail, les conventions collectives (qui sont déjà une escroquerie), et surtout les syndicats. Croyons-nous une seule seconde que toute cette souplesse sera exploitée pour le bien du salarié ? Les entreprises ont déjà profité du pacte de solidarité de François Hollande mais le chômage n’a fait que progresser et les soi-disant un million d’emplois promis par Gattaz et ses amis sont passé aux oubliettes. Dans un monde où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, dans un monde où les patrons s’octroient des salaires toujours plus outrageants ces oligarques utiliseront-ils leur liberté pour le bien du prolétariat ou bien s’en serviront-ils pour être toujours plus riches et plus puissants ? Le passé nous renseigne et la réponse me semble plus qu’évidente. Comment réagiront les salariés à la vie déjà précaire lorsque l’entreprise leur demandera des « efforts supplémentaires » sous peine de perdre leurs emplois ? Ils se plieront à toutes les exigences jusqu’à ce que petit à petit leur exploitation devienne optimale. 

 

2) Faciliter de licenciement et plafonnage des indemnités prud’homales. Nous sommes dans la même veine, il s’agit de créer un nouveau C.D.I. qui s’avérera plus précaire que l’actuel C.D.D. car les motifs pour le rompre ne seront plus indexés sur les capacités financières de l’entreprise mais sur sa compétitivité. Il faut bien comprendre la nuance car cela signifie que même si une multinationale génère des bénéfices records le simple fait qu’un groupe étranger concurrent génère plus suffira pour justifier des mesures d’austérité et des plans sociaux. C’est déjà le cas mais jusqu’ici les salariés touchés pouvaient encore espérer être indemnisés correctement mais avec la réforme sur les prud’hommes, c’est terminé ! Les entreprises pourront à l’avance calculer le coup d’une fermeture ou d’un plan social massif et l’inclure directement à leur stratégie d’expansion.

 

Si l’on ajoute ces mesures aux lois déjà ratifiées sous les gouvernements Hollande et Sarkozy nous nous retrouvons avec des entreprises quasiment indépendantes de l’État et un prolétariat à la merci de l’avarice et de l’égoïsme de la plupart des dirigeants. En rappelant que les riches soient riches ne me gêne pas mais que les travailleurs eux aient de moins en moins pour se nourrir c’est contre cela qu’il faut lutter. Il y a d’autre solution pour sortir la France de l’impasse économique dans laquelle elle s’est fourrée, mais cette soi-disant épée de Damoclès qui voudrait que les multinationales boycotteraient la France si elle ne devenait pas profondément libérale est fausse. La France est un acteur majeur qui rapporte et attire les investisseurs et les produits d’importation ne manquent pas, ce que veulent tous ces nantis qui cumulent les richesses à outrance et les étalent sans vergogne c’est gagner toujours plus.

 

Relancer l’économie c’est redonner toute leur place aux petites et moyennes entreprises en facilitant la création et en réduisant les charges pour les entrepreneurs modestes. Un auto-entrepreneur est aujourd’hui écrasé par les charges est ne peut espérer aucune facilité de la part des banques, de quoi en décourager plus d’un. Relancer l’économie c’est redonner du pouvoir d’achat et point barre ! Nous achetons, ils produisent, ils embauchent.

 

Mais le pire, c’est qu’il y a pire !

 

3) Réduire drastiquement les dépenses publiques : gel des salaires, non-remplacement des départs en retraite, que les choses soient dites, tout cela n’est pas un plan pour redresser l’économie mais bien un stratagème pour orienter le social vers les entreprises et transformer nos acquis en marché. Ainsi : santé, bien sûr mais aussi éducation, administration et même à terme la sécurité sont des marchés représentant potentiellement une manne financière démesurément colossale ! Et bien sûr bon nombre de groupes d’influences tels que cités en début d’article sont infestés de financiers qui ont tout compris de l’intérêt de faire basculer la sécurité sociale dans le domaine privé. Il faut bien comprendre le danger que cela représente, effectivement cela revient à transformer des « droits fondamentaux » comme le droit à la santé ou à l’éducation en simple « produit ». Vos capacités à vous soigner et à éduquer vos enfants seront directement indexées sur votre capacité à payer des assurances convenables, et nous savons déjà par avance que cela ne sera pas le cas de tout le monde, surtout dans un monde où le travail se fera de plus en plus rare et de moins en moins lucratif.

 

Si l’on ajoute à tout cela la baisse des aides sociales en commençant par les indemnités chômage, nous pouvons imaginer le pouvoir des entreprises et du patronat. Les gens seront prêts à tout pour travailler et profiter des mutuelles d’entreprises mais la compétition sera rude et les postes toujours plus précaires. Plus personnes n’hésitera à se soumettre à toutes les exigences pour garder un semblant de vie correcte. Si les lois ne nous protègent plus, si l’État délègue son administration au domaine privé, si la sécurité sociale et l’éducation ne sont plus qu’un business que reste-t-il de la France ?

 

Nous avons été victimes d’un coup d’État de l’Union Européenne en 2008 avec la complicité de tous les chefs d’État de l’Union mais cela n’est que la partie émergée de l’iceberg, en réalité ce sont les grandes fortunes qui au travers des banques, des multinationales et de groupes occultes grappillent le pouvoir et vont faire émerger un esclavage digne des heures les plus sombres de l’humanité. Nous ne pourrons même plus parler de couches sociales, nous serons face à un asservissement pyramidal, une jungle dans laquelle progresser ne pourra se faire sans écraser ceux qui autour convoiteront nos objectifs. Une compétition où la vie elle-même sera en jeu. La loi du plus riche ne portera pas au pouvoir les plus humains c’est une certitude.

 

Les « démocraties » sont soumises aux organisations internationales totalement oligarchiques, les banques gèrent les banques, maintenant les entreprises vont légiférer pour les entreprises que reste-t-il ? Un peuple désœuvré qui se noie dans l’ignorance et le divertissement, nous sommes soumis à toujours plus d’interdits, l’état d’urgence est permanent et pendant ce temps à la cour, on danse. Le libéralisme ne vaut que pour les puissants, les remèdes proposés et administrés par le gouvernement ne soigneront pas les pathologies de notre pays mais rendront au contraire toujours plus puissants ces dégénérés de la finance qui sont le mal profond de nos sociétés modernes.

 

Le peuple peut-il encore s’en sortir ? Quel peuple, celui qui a permis à un ancien banquier d’affaire de chez Rothschild d’être élu président de la République ? J’en doute.

 

 

« Il y a deux choix de base dans la vie : accepter les choses comme elles sont ou accepter la responsabilité de les changer. » Denis Waitley

*http://chroniques-humaines.over-blog.com/2017/05/gouvernement-macron-les-reseaux-occultes-sont-en-marche.html

Voici quelques extraits des recommandations de l’Union Européenne :

 

« Par rapport à d’autres États membres, la France se caractérise par un nombre disproportionné de petites entreprises, ce qui limite leur niveau de productivité. Les initiatives prises récemment pour atténuer l’impact des critères de taille ne devraient pas avoir d’incidence significative sur la croissance des entreprises compte tenu de leur champ d’application limité ou de leur caractère temporaire. En conséquence, les effets de seuil continueront de freiner la croissance des entreprises françaises. »

 

« Les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela concerne tous les aspects des conditions d’emploi, notamment les salaires, le temps de travail et les conditions de travail, et limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins. À l’heure actuelle, les branches professionnelles peuvent empêcher les entreprises de déterminer, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, les conditions de dérogation aux accords de branche en matière de temps de travail. Les dérogations aux accords de branche et aux dispositions juridiques générales sur les conditions d’emploi, par l’intermédiaire d’accords d’entreprise, pourraient être facilitées, en concertation avec les partenaires sociaux. »

 

« Elle a tenu compte non seulement de leur bien-fondé dans l’optique d’une politique budgétaire et socio-économique viable en France, mais aussi de leur conformité avec les règles et les orientations de l’UE, eu égard à la nécessité de renforcer la gouvernance économique globale de l’UE par la contribution de cette dernière aux futures décisions nationales. »

 

« La commission recommande que la France s’attache, au cours de la période 2016-2017, à :

 

1. assurer une correction durable du déficit excessif en 2017 au plus tard en prenant les mesures structurelles requises et en consacrant toutes les recettes exceptionnelles à la réduction du déficit et de la dette ; préciser les réductions de dépenses prévues pour les années à venir et accentuer les efforts pour accroître le montant des économies générées par les revues de dépenses, y compris en ce qui concerne les dépenses des collectivités locales, d’ici à la fin de l’année 2016 ; renforcer les évaluations indépendantes des politiques publiques afin de recenser des gains d’efficacité dans tous les sous-secteurs des administrations publiques.

 

 2. veiller à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ; réformer le droit du travail pour inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée.

 

3. renforcer les liens entre le secteur de l’éducation et le marché du travail, notamment par une réforme du système d’apprentissage et de la formation professionnelle qui mette l’accent sur les personnes peu qualifiées ; d’ici à la fin de l’année 2016, entreprendre une réforme du système d’assurance-chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire et d’encourager davantage le retour au travail. 11 Conformément à l’article 5, paragraphe 2, du règlement (CE) nº 1466/97 du Conseil. FR 8 FR

 

4. éliminer les obstacles à l’activité dans le secteur des services, en particulier dans les services aux entreprises et les professions réglementées ; prendre des mesures pour simplifier les programmes publics d’innovation et en améliorer l’efficacité ; d’ici à la fin de l’année 2016, approfondir la réforme des critères de taille réglementaires qui freinent la croissance des entreprises et continuer à simplifier les règles administratives, fiscales et comptables en poursuivant le programme de simplification.

 

5. prendre des mesures visant à réduire les impôts sur la production et le taux nominal de l’impôt sur les sociétés, tout en élargissant la base d’imposition sur la consommation, notamment en ce qui concerne la TVA ; supprimer les dépenses fiscales inefficaces, notamment celles dont le rendement est nul ou faible, et adopter la réforme concernant la retenue à la source de l’impôt sur le revenu des personnes physiques d’ici à la fin de l’année 2016.

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source

Chroniqueshumaines

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