Comme Monsieur Hulot est très bon, il donne des ordres raisonnables

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Le constructeur automobile suédois Volvo (qui appartient au Chinois Zhejiang Geely, leader du véhicule électrique) a décidé de ne produire que des véhicules électriques et hybrides d’ici 2019, c’est-à-dire dans deux ans.

Le prix des batteries diminue en même temps que leur capacité augmente, et les performances des moteurs électriques n’ont rien à envier à leurs homologues thermiques.

88 millions de voitures sont vendues annuellement dans le monde entier. Or, la Chine et l’Inde se tournent de plus vers les solutions sans essence ni gazole, et l’évolution du marché asiatique peut tirer l’ensemble de l’industrie automobile dans cette direction beaucoup plus rapidement qu’on ne l’avait pensé jusqu’alors.

C’est dans ce contexte que Monsieur Hulot a fait l’annonce fracassante de l’interdiction en France des véhicules diesel et essence d’ici 2040, en reliant cette décision à la mise en musique de l’accord de Paris sur le climat au moment se tient à Hambourg le G20 où Trump se trouve isolé par ses positions sur le climat.

Il a indiqué qu’il s’agissait d’un « objectif difficile » pour les constructeurs automobiles, mais que l’industrie française était bien équipée pour affronter cette révolution technologique. Il a aussi insisté sur le fait que la décision était une question de politique de santé publique et « un moyen de lutter contre la pollution atmosphérique ».

Pascal Canfin, directeur général de WWF France, ancien militant écolo et ancien ministre de Hollande, a déclaré que le nouveau programme pour freiner le changement climatique allait plus loin que ceux des gouvernements précédents : « Il place la France parmi les leaders de l’action climatique dans le monde », a-t-il déclaré sur France Inter.

 

La Norvège, où les voitures électriques représentent la plus grosse proportion du parc total dans le monde, s’est fixé comme objectif de n’autoriser à partir de 2025 que les ventes de voitures hybrides ou 100% électriques.

Les Pays-Bas envisagent une interdiction des voitures à essence dès 2025 et certains Länder allemands prévoient leur élimination d’ici 2030.

L’Inde, où des dizaines de villes sont menacées par une pollution atmosphérique devenue dangereuse, projette également de ne plus vendre de voitures diesel ou essence d’ici 2030 et a planifié la commercialisation de voitures électriques de manière « très importante ».

L’annonce de M. Hulot est venue alors que Bloomberg New Energy Finance prévoyait que les voitures électriques viendraient dominer le marché de l’automobile plus rapidement et de façon spectaculaire que ce qu’on pensait auparavant. Le groupe financier prévoit que les véhicules électriques devraient représenter 54% de toutes les ventes de véhicules légers d’ici 2040, alors qu’il envisageait 35% l’année dernière. Bloomberg a déclaré qu’une telle utilisation réduirait globalement la demande de pétrole de 8 millions de barils par jour et augmenterait la consommation d’électricité de 5% pour recharger les nouvelles voitures.

Ces tendances lourdes son tellement criantes et visibles que M. Tony Seba, un économiste de l’Université de Stanford (dans la Silicon Valley, au sud de San Francisco) qui avait pévu cette évolution a déclaré à propos de la décision annoncée par la France : «  L’interdiction des ventes de véhicules diesel et d’essence d’ici 2040 revient à interdire les ventes de chevaux pour les transports routiers : en 2040 il n’y aura pas besoin d’interdiction.  »

Autrement dit, la « gouvernance de Nicolas Hulot ressemble à celle du roi dans le chapitre 10 du Petit Prince de Saint-Exupéry :

« Car le roi tenait essentiellement à ce que son autorité fût respectée. Il ne tolérait pas la désobéissance. C’était un monarque absolu. Mais, comme il était très bon, il donnait des ordres raisonnables.

« Si j’ordonnais, disait-il couramment, si j’ordonnais à un général de se changer en oiseau de mer, et si le général n’obéissait pas, ce ne serait pas la faute du général. Ce serait ma faute. »

– Puis-je m’asseoir ? s’enquit timidement le petit prince.

– Je t’ordonne de t’asseoir, lui répondit le roi, qui ramena majestueusement un pan de son manteau d’hermine. »

Reste à expliquer comment sera produite l’électricité qui alimentera les batteries de ces véhicules. Actuellement, la France est dépendante à 80% du nucléaire.

 

source

Jeussey de Sourcesûre

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