Shocking : le personnel de la Banque d’Angleterre en grève

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Au pays du contrat zéro heure et du TINA (there is no alternative) thatchérien, le personnel de la « Bank of England » a voté pour la grève pour la première fois depuis un demi-siècle. Ils vont cesser leur travail pendant quatre jours pour défendre leurs salaires.

95 % des membres du syndicat « Unite » (la plus grosse organisation syndicale du Royaume-Uni, forte de 1,5 million de membres) qui travaillent dans les services de maintenance, de la logistique pour les réunions et les services de sécurité de la banque on voté pour l’organisation de quatre journées d’actions à partir de ce mois-ci.

Le syndicat a interpelé le gouverneur de la Banque d’Angleterre, M. Mark Carney (un citoyen canadien qui a été gouverneur de la Banque du Canada avant d’être celui de la Banque d’Angleterre), pour qu’il « mette de l’ordre dans sa propre maison » et lui demande d intervenir pour assurer la stabilité de la banque et le maintien dun pouvoir d’achat pour les salariés.

La raison du mécontentement des salariés vient du fait l’augmentation de 1 % de la masse salariale décidée par la direction pour 2017 n’a été ni négociée ni acceptée par « Unite », le syndicat reconnu pour représenter les employés de la banque.

Dans le cadre de telles « récompenses dérisoires », il est prévu désormais que toute augmentation de salaire sera laissée à la discrétion des chefs de services, ce qui, selon « Unite », pourrait signifier que certains salariés ne reçoivent aucune augmentation.

Si le différend n’est pas réglé, « Unite » a averti qu’il appellerait à la grève les salariés d’autres secteurs de la banque.

La responsable régionale de « Unite », Mme Mercedes Sanchez, a déclaré : « La Banque d’Angleterre est aujourd’hui confrontée à sa première grève depuis plus de 50 ans, et les personnels des services opérationnels à travers le pays sont prêts à étendre le mouvement en cas de refus total de la banque d’accepter de prendre en compte leur lutte pour le maintien de leur pouvoir d’achat ».

Elle a souligné le caractère massif du vote de 95 % en faveur de la grève qui traduit une colère profonde.

Mme Sanchez a averti que la grève empêcherait de fonctionner tous les établissements de la banque, y compris le siège (la célèbre « vielle dame de Threadneedle » dans la cité), et elle a enjoint M. Carney de régler le différend s’il ne voulait pas que la situation se détériore : « Le gouverneur ne peut plus fermer les yeux sur ce qui se passe chez lui ».

« Unite » appelle les responsables de la banque à retourner à la table de négociation afin de parvenir à une évolution règlement des salaires équitable pour le personnel.

Une porte-parole de la banque a déclaré que celle-ci « avait des propositions à faire si la grève continuait et qu’elle continuerait à discuter avec « Unite ».

Autrement dit, un peu partout dans le monde dominé par l’ultralibéralisme, les employeurs, même institutionnels sont prêts à provoquer la paupérisation de leurs employés si ces derniers ne mettent pas en action un rapport de forces. En attendant à des surlendemains qui chanteront peut-être, préparons nous à des lendemains qui grincent !

source

Jeussey de Sourcesûre

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