Mim suppression de 791 emplois, l’Etat fossoyeur

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manifestation des salariés de mim

MIM

 

Rachetée en 2014 par le chinois MAIN ASIA, l’enseigne MIM est finalement placée en redressement judiciaire au mois de novembre 2016 par le tribunal de commerce de Bobigny. Le 28 mars 2017, une offre de reprise partielle, par le suisse TALLY WEIJL et le français ETAM, permettait le sauvetage de 71 magasins et de 287 salariés (total = 233 magasins pour 1.078 salariés). ETAM ne s’engageant que pour la reprise de deux magasins. Malheureusement, le 26 avril 2017, le tribunal prononçait la liquidation judiciaire de MIM ordonnant la fermeture immédiate des 162 boutiques restantes de l’enseigne de mode à petits prix, entrainant la suppression de 791 emplois. L’Etat avait refusé de soutenir un projet SCOP de reprise proposé par les salariés et qui réclamaient la somme de 10 millions d’euros pour le concrétiser. Les médias ont décrit l’attitude de Bercy comme étant du sabotage participant à enterrer l’enseigne MIM. Cependant, ils n’avaient guère évoqué les déboires des ex salariés de MIM durant la campagne présidentielle 2017, il aura fallu attendre la liquidation judiciaire pour constater les dégâts. Nous avons pourtant eu vent des difficultés que rencontraient GM&S, WHIRLPOOL et aussi quelque peu TATI. Mais le cas MIM résonne encore d’un silence assourdissant à nos oreilles à la fois dans les médias mais aussi auprès du ministre de l’Economie Bruno LE MAIRE (ENA) qui a refusé de soutenir le projet SCOP de reprise.

 

Il semblerait que ce fait divers ne soit pas aussi sensationnaliste que celui de la FINANCIERE TURENNE LAFAYETTE (FTL), propriétaire des marques alimentaires William Saurin, Garbit, Madrange et Paul Prédault. En effet, la falsification des comptes de la FTL venait impacter un domaine déjà confronté à une concurrence féroce et déloyale, celui de l’agriculture. De nombreux éleveurs de porc de l’ouest de la France risquaient de se retrouver rapidement en difficultés, ainsi que l’ensemble des 3.200 salariés, car le groupe FTL aurait « caché » un endettement d’environ 300 millions d’euros sur une période de 10 ans. Ce détail a été découvert suite à un audit réalisé après le décès de la patronne et unique actionnaire, Monique PIFFAUT. Le ministère de l’Economie avait accepté de débloquer la somme de 70 millions d’euros en les déposant dans un fonds spécifique en janvier 2017. Pendant ce temps-là, les salariés de MIM se retrouvaient au chômage dans l’indifférence générale alors que l’Etat avait choisi de maintenir la FLT à flots. Sans parler des plans de licenciement auxquels le Gouvernement ne peut qu’assister comme celui annoncé par MICHELIN en juin 2017 et prévoyant la suppression de 1.500 postes en France. Il est ainsi étonnant d’entendre perpétuellement l’ossature dirigeante nous asséner que le chômage pourrait être maitrisé grâce à une modification du code du travail autorisant une flexibilité plus grande côté employeur qu’elle ne l’est actuellement.

 

Source :

Le Parisien : « William Saurin : 250 à 300 millions de fausses factures sur 10 ans », Lionel BONAVENTURE, 12 janvier 2017.

Le Monde : « La reprise partielle de Mim par Tally Weijl et Etam va aboutir à 791 suppressions d’emplois », Juliette GARNIER, 29 mars 2017.

L’Express : « Mim : le projet de Scop ne verra pas le jour faute de financements », 8 juin 2017.

Libération : « MIM : l’Etat coule le projet de coopérative », Franck BOUAZIZ, 9 juin 2017.

Le Figaro : « Mim : le projet de reprise des salariés définitivement enterré », Clémentine MALIGORNE, 9 juin 2017.

Libération : « William Saurin : qui a fricoté dans les comptes de la boîte ?, Franck BOUAZIZ, 12 janvier 2017.

L’Humanité : « Le gouvernement sabote le projet de reprise en Scop de Mim », Marion D’ALLARD, 12 juin 2017.

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