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Le congrès des vanités.

Les taux d’abstention records des précédentes élections auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. De manière implicite, nous sommes passés dans un vote censitaire qui n’ouvre ses urnes qu’à une certaine classe sociale. Non pas que les autres soient interdites de vote mais bien des composantes de l’électorat ne se sentent désormais absolument plus concernées. Naturellement, les bons esprits vont pointer du doigt ceux qui agissent ainsi sans se rendre compte que tout est fait pour décourager Billancourt, les banlieues, les campagnes.

Le point d’orgue de cette France de l’Ancien Régime est la convocation du Congrès à Versailles pour entendre la bonne parole du monarque. Le jeune homme a vite emprunté les pas des tyrans en herbe. Il monopolise tous les pouvoirs, toutes les prises de parole, tous les médias. La vie de château pour lui qui a écrasé les oppositions, qui a noyauté les médias, qui a phagocyté la classe bourgeoise. Un grand tapis rouge est déroulé devant sa prochaine dictature libérale.

Ce qui est en marche c’est l’Empereur, sa majesté Emmanuel premier, prince de la poudre de Perlimpinpin, grand timonier de la finance, sœur Sourire de la jeunesse en mouvement. C’est un vrai bonheur que de voir comment ce jeune homme traîne déjà ce qui se fait de pire dans la classe politique. Avec lui, la démocratie n’est pas en danger, elle agonise.

Le réchauffement climatique ou plus sûrement le grand dérèglement est notre unique espoir. La banquise qui va se disloquer finira peut-être par mettre à la raison ce tenant d’un monde ultra libéral, d’une société sans droit et de peu de lois. Il espère nous traiter à coups d’ordonnances qui relèvent de la potion indigeste et est venu pérorer à Versailles pour imposer son remède de cheval.

Quelques gueux vont ruer dans les brancards. Ils vont être ringardisés par la presse et les télés qui vont se faire les serviles agents de leurs propriétaires, tous des amis du nouveau Pharaon. Il est Râ, le dieu soleil de la finance et de la liberté d’entreprendre, celui qui, d’un discours bien senti a bouté Louis XIV dans le musée des vieilleries.

Il est résolument moderne, au point de s’encombrer de sa majesté Guignol premier, maître du Monde libre et de la grande Amérique. Ce qui se fait de pire dans ce monde des chefs d’état va trôner sur la fête nationale, une manière adroite et définitive de sonner le glas de l’héritage révolutionnaire. Le peuple mis au pas, les droits de l’homme bientôt rayés de la constitution, le gentil jeune homme, bien sous tous rapports, va nous montrer le vrai visage du totalitarisme.

Et c’est sa formidable armée de nouveaux députés, de jeunes femmes aux dents longues, de gentils décideurs émerveillés, de nouveaux venus dans la cocotte législative qui va lui permettre de nous faire avaler toutes les couleuvres. C’est du grand art et l’exact contraire d’un slogan qui supposait le mouvement joyeux. C’est une marche funéraire qui se présente à l’horizon à moins qu’elle ne soit martiale.

Soyez heureux les jeunes loups et les charmantes louves de sa clique, vous allez effectivement changer en profondeur cette société sclérosée et dépassée. Votre modernisme va balayer tout ce que les générations précédentes avaient patiemment construit, avaient imposé par des luttes et des combats. Votre inculture historique vous permettra de gommer ce que vous ignorez sans le moindre remords.

Le Macronisme est en marche et la liberté, les droits, la démocratie sont en recul. Les nouveaux équilibres se feront au détriment du peuple réel, des petites gens, des retraités, des ouvriers, des paysans. Fort heureusement, une nouvelle noblesse va profiter de cette contre-révolution d’un jeunisme méprisant et cupide. Il faut bien que l’Empereur dispose de sa cour. Ce monde sera froid, glaçant et inhumain.

Impérialement sien.

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